J'ai "saigné" Golden : Mon Spotify Wrap-up et le phénomène K-Pop Demon Hunter
Retour sur un coup de cœur qui n'a pas pris une ride, l'ascension fulgurante d'Ejae et ce qui a changé depuis sa sortie.
Cette année, l’un des morceaux que j’ai le plus écoutés sur Spotify est “Golden” l’une des chansons du film K-pop Demon Hunter. L’occasion pour moi de sortir les vieux dossiers et une analyse que j’avais écrite en juin pour le programme des Honorary Reporters de Korea.net (Ma première <3).
J'en étais très fière, mais maintenant que j’ai mon propre espace autant vous le partager ici, en y ajoutant quelques updates qui ne sont pas de trop au vu du succès mondiale de ce film.
La Revue d’origine
Si vous êtes comme moi fan de la Corée depuis des années, vous l’avez forcément remarqué : notre passion n’opère plus dans l’ombre.
Le COVID a révélé au monde entier ce que nous savions déjà... Les productions coréennes sont d’un niveau exceptionnel !
Depuis quelque temps, on assiste à une nouvelle tendance fascinante : l’adaptation des codes coréens par les productions occidentales.
Après XO, Kitty sur Netflix qui transposait une rom-com américaine en Corée du Sud, voici que Sony Pictures Animation nous livre KPop Demon Hunters, et franchement...
..ils ont visé juste !
Quand la magie coréenne rencontre l’animation américaine
L’histoire suit Rumi, Mira et Zoey, un girl group de K-pop au sommet de leur gloire qui mènent secrètement une double vie de chasseuses de démons.
Quand un boys band rival menace de tout détruire, nos héroïnes doivent concilier leur carrière d’idoles et leur mission de protection du monde. Rumi, elle devra en plus trouver l’équilibre entre le coeur, et la raison.
Dès les premières minutes, j’ai été conquise ! Le film nous met directement dans l’ambiance avec des interviews de fans, qui ont tous leur “bias” et je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes propres groupes préférés et mes bias (wink wink JK)
On voit les artistes se gaver de kimbap et de nouilles déshydratées, se balader dans Séoul, sortir des “ay shh” et des “kaja”, et en l’espace d’1h30, j’ai oublié que j’étais à Paris.
Les couleurs chatoyantes : bleu, violet, or, blanc, qui prédominent dans le dessin animé nous émerveillent et nous inspirent la magie, le rêve, un univers en accord avec le monde de la K-pop.
Sans parler des chansons! Catchy, entraînantes, entêtantes, avec des artistes qui nous impressionnent. “
Takedown” et “This is what it sounds like” sont mes préférées ❤️. Mention spéciale à la voix sublime d’Ejae, qu’on retrouve sur plusieurs morceaux de l’OST.
Pourquoi j’ai adoré ?
Contrairement à d’autres tentatives d’adaptation qui versent dans le cliché (désolée Netflix, mais xo Kitty, c’est vraiment cliché),
KPop Demon Hunters réussit son pari en respectant les codes qui font le charme de la culture coréenne :
La magie du collectif : Comme dans les vrais groupes de K-pop, la force vient de l’harmonie entre les membres. Leurs voix combinées deviennent littéralement une arme contre le mal. Belle métaphore du pouvoir rassembleur de la musique coréenne !
L’ombre derrière les paillettes: Certaines paroles des chansons ne laissent pas indifférentes. “Our flaws and fear can never be seen” nous rappelle la pression des idols, mais aussi la pression que vivent les Coréens au quotidien dans une société où l’injonction à la perfection domine. Le combat entre les K-pop idols du bien et ceux du mal fait écho à la dualité existant actuellement dans ce monde où les artistes naviguent entre idolâtrie et diabolisation au gré des scandales... qui révèlent parfois que malgré les apparences, tous ne sont pas de bonnes personnes. D’ailleurs, les paroles de la chanson “Takedown” le disent : “So sweet so easy on the eye, but hideous on the inside” une métaphore du monde, en somme.
Les valeurs universelles : Ce film prône l’acceptation de soi, avec ses défauts et ses qualités, l’harmonie et l’espoir.
Un tournant culturel ?
Ce dessin animé semble marquer un nouveau tournant dans la domination du soft power coréen, car il s’adresse à un public plus jeune et diffuse les codes de la culture du pays en utilisant un autre angle : celui des super-héros et justiciers pour enfants.
Car certes, les adultes y verront de nombreuses références à ce monde qu’ils connaissent bien, mais les enfants pourront y découvrir de nouveaux narratifs avec une approche accessible des combats entre le bien et le mal.
Personnellement, j’adorerais voir un vrai long-métrage d’animation Disney dont l’héroïne serait coréenne. Le folklore coréen est si riche qu’il pourrait largement alimenter plusieurs histoires !
En attendant, je me contenterai d’espérer un Kpop Demon Hunter 2 avec une partie qui explore le passé de Rumi, ou qui parle de sa tentative de restaurer l’âme de Jinu.
Que sais-je ? En tout cas, j’espère voir plus de contenu de ce type à l’avenir.
KPop Demon Hunters capture cette sensation de magie qui entoure l’univers K-pop. Il nous rappelle pourquoi cette culture touche tant de gens à travers le monde : au-delà des performances spectaculaires, il y a cette capacité à rassembler, à consoler, à faire rêver.
Et vous ? Vous l’avez vu ?
Partagez vos impressions, vos chansons préférées, vos théories pour la suite. 💜
6 mois plus tard : ce qu’il s’est passé depuis
Que s’est-il passé depuis cette revue ?
Un succès qui dure
Rare pour un film d’animation de ce type, il squatte toujours le haut des classements. En neuvième position mondiale au 30 décembre 2025 Preuve que le mélange “Magie + K-pop” n’était pas qu’une mode passagère.
Le phénomène des reprises
Le morceau phare a subi moult reprises sur les réseaux. Des versions acoustiques sublimes aux massacres vocaux, des mèmes. On a tout eu. Mais cet engouement continue à maintenir la popularité du film, ce qui a conduit à la création d’un véritable univers autour de K-pop Demon Hunter.
Soda pop reprise thaïlandaise
Des goodies, et un univers qui dépasse les frontières de l’écran
L’univers a pris vie grâce à la création de nombreux produits dérivés. Des light-sticks, des casquettes… Les HuntrX et les Saja Boys ont la même popularité qu’un groupe réel avec ce côté magique en plus. Je ne serais pas étonnée de voir un nouveau concept “girl group” basé sur cet univers.
L’envol d’Ejae
Celle dont j’admirais la voix sur l’OST a littéralement explosé !
Je me rappelle que quand le film est sorti, j’ai tout de suite voulu savoir qui était l’artiste derrière Rumi. Il était quasiment impossible de trouver le nom d’Ejae, et malgré la trouvaille, elle n’avait pas vraiment de profil Spotify. Maintenant Ejae a pignon sur rue avec 47,5 millions d’auditeurs et auditrices par moi. Des interviews à gogo et son propre single : “In another world”. Une balade émotionnelle, alliant la puissance de sa voix à la magie du piano. Un morceau digne d’une soundtrack de romance.
Ejae c’est un peu un conte de fées. Une artiste rejetée par l’industrie de la K-pop, qui a longtemps évolué dans l’ombre pour un jour, se retrouver sous le feu des projecteurs par un coup du destin.
Son histoire est vraiment digne d’un film (où peut-être un drama?). Elle réalise son rêve et se fait inviter sur les plus grands plateaux aux États-Unis comme celui de Jimmy Fallon, mais également en Corée avec un passage dans You Quiz On The Block avec le grand Yoo Jae-suk. Une consécration pour celle a qui la K-pop avait fermé les portes.
Pour la découvrir, voici une de ces nombreuses interviews (en anglais)
Si tous les artistes ont bénéficié d’une mise en lumière suite au film. Celle d’Arden Cho (l’actrice dernière Rumi) m’a émue car c’est une actrice que je connais bien, pour avoir été une grande fan du show Teen Wolf auquel elle a participé. A l’époque, sa popularité n’était pas extrême et elle avait plutôt des seconds rôles. Maintenant avec K-pop Demon Hunter, elle a aussi droit à son moment de gloire, concert, plateau TV où elle se fait la porte parole des Asiatique-Américains pour lesquels le manque de représentation et les clichés ont été un obstacle à la carrière d’acteur pendant longtemps.
La suite tant attendue :
Les rumeurs se confirment et la suite est annoncée ! On espère qu’elle explorera enfin le passé de Rumi comme je l’appelais de mes vœux. Mais en tout cas le retour de Jinu est prévuu <3
On attend 2028 avec impatience
Le mot de la fin
K-Pop Demon Hunters reste pour moi le coup de coeur de 2025. Il touche à tellement d’aspects de la culture coréenne et des fans de K-pop et K-drama qu’en tant que Corée enthousiaste on se sent immédiatement attiré par leur univers. Comme si ce film avait été fait pour nous les Corée enthousiastes.
Et parce qu'entre enthousiastes, on aime toujours aller un peu plus loin que les images, je vous laisse avec ce bonus. Si vous voulez décoder les jeux de mots cachés et la mythologie coréenne illustrée dans le film, la vidéo de Hyunwoo (Talk To Me In Korean)
Il y explique avec beaucoup de finesse les subtilités linguistiques et les références folkloriques qui vous ont peut-être échappé, mais qui font toute la richesse de ce film. Une preuve de plus que derrière l'animation, il y a une vraie rigueur culturelle.
Video en anglais
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