Yadang: The Snitch - Avis sur mon premier film du festival du film coréen à Paris
Un thriller intense sur le trafic de drogue avec des acteurs au top et une session Q&A en toute intimité avec le réalisateur Hwang Byeong-guk
Il y a quelque chose de magique dans les premières fois.
Mon premier festival de film coréen à Paris
Le premier film de ce festival.
Ma première séance de questions-réponses avec un réalisateur.
Étrange, quand on sait depuis combien de temps je m’intéresse à la cinématographie coréenne.
En tout cas, ce soir-là, assise dans la salle de Publicis, j’ai eu le sentiment d’appartenir à un club très fermé.
Et j’ai adoré !
Le film - Yadang : The snitch
Pour mon premier film j’ai décidé de laisser parler mon coeur et de choisir un film avec un acteur que je connais bien et que j’admire Kang Haneul. Je l’avais récemment vu jouer dans Squid game et 84m2 et j’avais hâte de découvrir sa perfomance dans ce nouveau film.
J’avoue ne pas vraiment avoir regardé le synopsis (car je lui fait un confiance aveugle) mais pour vous, voici une rapide description du scénario
Synopsis :
Kang-su (Kang Ha-neul) est un “yadang”, un informateur professionnel qui rencarde la justice et les forces de l’ordre sur les trafics de drogue. Son business est florissant, d’autant qu’il est le yadang attitré de Ku Kwan-hee (Yoo Hae-Jin), un procureur qui monte dans les sphères judiciaires. Mais un coup de filet des stups, dans une soirée où se trouve le fils d’un candidat à la présidentielle, va mettre en péril l’avenir et la vie – de Kang-su…
Mon avis sur le film :
J’ai A-DO-RE ! Oui pas de teaser, pas de long paragraphe pour vous tenir en haleine. Non je vous le dit d’emblée j’ai adoré ce film.
Un équilibre parfait entre tension et humour
Yadang traite d’un sujet dur : la drogue, et comporte de nombreuses scènes de violence qui pourraient choquer un public non averti. Pourtant, le réalisateur réussi l’exercice difficile de nous faire quitter la salle de bonne humeur, grâce à un habile saupoudrage de scènes humoristiques qui rendent la tension soutenable sans pour autant casser le rythme.
Un scénario bien ficelé (avec quelques libertés)
Le scénario est bien construit, même si certains retournements de situation peuvent paraitre invraisemblable (on se demande comment Kang-su survit à certaines scènes…)
Mais honnêtement, ça n’entache pas la qualité du film. On est tellement embarqué dans l’histoire qu’on pardonne ces petites exagérations où manques.
Des acteurs au top !
Kang Ha-neul, toujours fidèle à lui-même, surfe brillamment entre les différentes facettes de son personnage : tantôt drôle, tantôt pitoyable, tantôt sérieux et déterminé. Sans fausse note.
Comme toujours, il brille dans les scènes les plus intenses où son personnage est en proie au désespoir.
Les autres acteurs du casting lui donnent parfaitement le change, et j’ai pris plaisir à retrouver des visages familiers :
Yoo Hae-Jin (Taxi Driver), en procureur ambitieux
Park Hae-Joon (When life gave you tangerine), en détective au grand coeur
Yoo Seong-ju (When the phone ring), en parrain de la mafia
Ryu Kyung Soo(Itaewon class), en fils a papa se croyant tout permis
et en découvrir de nouveaux :
Chae WonBin, en actrice droguée déchue
Lim SungKyun, le bon pote de Kang-su qui a un faible pour l’actrice
Mon verdict : 9/10 !
Yadang : The snitch vaut vraiment le détour. C’est un film dynamique porté par un casting solide et un scénario qui accroche.
Si tu aimes les films coréens qui savent mélanger genres (action + comédie + thriller), fonce !
Interview du réalisateur - Hwang Byeong-guk
Après la projection, place à la session Q&A avec le réalisateur.
Voici l’interview retranscrite.


Comment avez-vous sélectionné le casting ?
À l’origine, j’avais d’autres acteurs en tête, mais le film mettant en scène des personnages en train de se droguer, les acteurs que j’avais sélectionnés ont refusé à cause de leurs contrats publicitaires.
Kang Ha-neul, lui, avait vraiment envie de faire le film. Je l’ai donc choisi et je suis très satisfait du résultat.
Pour ce qui est de Park Hae-joon (le policier), nous avions déjà travaillé ensemble sur 12.12: The Day. Je l’avais trouvé très bon et je lui ai donc proposé le rôle.
Quant à Yu Hae-jin (le procureur), nous avions aussi déjà travaillé ensemble et nous nous connaissons de longue date.



Comment avez-vous trouvé le bon rythme pour le film et l’équilibre entre scènes intenses et scènes humoristiques?
Je n’avais pas envie que les spectateurs s’ennuient, donc j’ai fait en sorte que le film soit dynamique.
Je me suis renseigné auprès des brigades de stupéfiants pour avoir des scènes aussi réalistes que possible. Je savais qu’au vu du sujet, le film serait interdit aux moins de 18 ans, donc je ne me suis pas mis de barrières.
J’aime les films capables de traiter d’un sujet lourd tout en gardant une certaine légèreté, donc j’y ai ajouté des scènes d’humour.
Avez-vous une scène préférée ? Ou un moment marquant pendant le tournage ?
Je n’ai pas de scène préférée.
Mais j’ai travaillé sur le scénario pendant 14 ans. Entre-temps, j’ai écrit 3 autres films qui n’ont pas abouti et j’ai joué dans une trentaine d’autres films.
À l’époque où j’ai commencé à travailler sur le scénario, les temps de tournage étaient plus longs. Maintenant, le temps de tournage est limité à 52 heures par semaine. Pourtant, cette fois, non seulement nous avons réussi à boucler et sortir le film, mais nous avons en plus respecté le budget.
Pour moi, c’est un fait marquant.
Certaines scènes font penser au film Vétéran, vous vous en êtes inspiré ?
Pas vraiment mais j’ai joué deux scènes dans le film vétéran :)
[Rires dans la salle]
Vous avez choisi un film sur le trafic de drogue alors que nous savons à quel point le sujet est sensible en Corée. Pourquoi ? Avez-vous une histoire personnelle avec la drogue ?
Il remonte ses manches pour montrer qu’il ne se drogue pas.
[Rires dans la salle]
Pour écrire le scénario je me suis vraiment immergé dans le milieu. Pendant deux ans je suis allé dans des endroits secrets du publique, j’ai rencontré de vrais toxicomanes, je me suis documenté.
J’avais vraiment a coeur de montrer ce milieu de la façon la plus réaliste qu’il soit, afin que le publique se rendent compte de comment ce milieu est dangereux.
Anecdote pendant la phase de recherche :
Je me suis tellement immergé dans ce milieu que je me suis fait arrêté. Le commissariat dans lequel le film a été tourné est le commissariat dans lequel j’ai été placé en détention.
Suite à mon arrestation j’ai du faire un test de dépistage. Le test affichait deux lignes ce que j’ai interprété comme un résultat positif ! J’ai paniqué, mais le policier m’a expliqué que pour cette drogue 2 lignes signifient que le test est négatif
(Ouf !)
Le mot de la fin
Le film est sorti en avril dernier dans les salles, donc je ne l’avais pas vu depuis un moment. J’ai pris beaucoup de plaisir à le regarder avec vous. Vos réactions et vos rires m’ont fait très plaisir.
Au-delà du film : une soirée qui fait du bien
Ce qui m’a marquée ce soir-là, au-delà du film et du Q&A, c’est l’expérience dans son ensemble.
Pourtant, la soirée semblait mal engagée… En voyant la queue à l’entrée du cinéma, à dix minutes du début du film, je me suis demandé si j’allais pouvoir profiter de ma séance. Mais tout s’est bien passé : l’équipe a attendu que tout le monde soit installé avant de lancer les animations (je ne m’y attendais pas, mais il y avait une tombola !), puis le film. On a même eu droit à une holà des volontaires à la sortie du film :)
Je vous l’ai dit en début d’article, mais j’ai vraiment eu l’impression de faire partie d’un club fermé, entourée de fans comme moi. J’ai même pu me faire deux copines avec qui on a “fangirlé” sur Kang Ha-neul, Ji Chang-wook et beaucoup d’autres de nos acteurs préférés.
Le réalisateur nous a donné une bonne leçon de persévérance en nous partageant ces échecs et le temps qu’il a passé à peaufiner son scénario. 14 ans c’est long ! Mais le résultat valait le coup.
Mention spéciale pour la traductrice.
Personne n’en parle assez, mais chapeau à la traductrice qui assurait la traduction simultanée pendant la Q&A.
C’est un art.
Elle mérite autant d’applaudissements que le réalisateur.
J’espère que cet article vous a plu ! Si vous avez vu le film, dites-moi ce que vous en avez pensé. Et si ce n’est pas encore fait, abonnez-vous pour ne pas manquer mes prochaines explorations de la culture coréenne à Paris.

