J'ai traversé la Manche pour manger coréen et n'ai aucun regret
Compte-rendu du JUNG Festival, premier festival de nourriture coréenne à Londres : stands, plats, ambiance et conseils pratiques ^.
J’ai toujours adoré les festivals autour de la culture coréenne, mais jusqu’à maintenant je m’étais limité aux festivals et autres événements sur Paris. Pourtant, le 14 avril, après quelques heures à doomscroller le compte du JUNG festival en ayant l’eau à la bouche, j’ai craqué. Billets de bus pris, direction Londres.
Un objectif : manger autant de plats coréens que possible lors de cette première édition.
Je vous raconte tout.
C’est quoi le JUNG festival ?
Le JUNG festival, c’est la première édition d’un festival 100 % dédié à la nourriture coréenne, organisé par Lee Rollin, un influenceur food britannique. Cette édition s’est tenue au Canopy Market, pas loin de King’s Cross, du 1ᵉʳ au 4 mai.
La particularité de ce festival, c’est que Lee Rollin tenait absolument à faire découvrir des plats moins connus du grand public : sundae, odeng, hotteok, dakgalbi traditionnel… etc.
À côté des stands food, le festival proposait aussi des stands culturels : minwha (peinture folklorique coréenne), calligraphie, essayage de hanbok, et d’autres créateurs coréens basés à Londres.
Pour y aller depuis Paris : j’ai pris le bus, première fois en 10 ans ! Conseil : si vous faites pareil, partez en journée. Il y a deux passages de douane où il faut descendre du bus, impossible d’avoir une nuit complète. Par ailleurs, les hébergements n’accueillent généralement pas avant 14-15 h, donc arriver épuisée dès le matin, c’est compliqué.
Le festival
Premier jour – vendredi
S’agissant de la première édition du festival, j’ai naïvement cru qu’il n’y aurait pas beaucoup de monde, surtout le premier jour (le vendredi 1ᵉʳ n’est pas férié à Londres…).
Grosse erreur.
En arrivant affamée à 12 h 20, soit 20 minutes après l’ouverture… je me suis retrouvée submergée par une marée de visiteurs et je n’ai même pas eu le temps de faire le tour du festival… Je me suis donc rabattue sur le stand que j’avais repéré sur le compte Instagram : les brochettes de poulet de Dak Kochi Express.
La légende voudrait que ce soient des brochettes de 30 centimètres. Je dois vous avouer que je ne les ai pas mesurés, mais avec près d’une heure de queue en perspective et la faim qui me tiraillait… Je n’ai pas pris de risque… et j’ai décidé d’en commander 2 :
😋 Cheese Special et Gochujang Mayo.
Vraiment un régal ❤️
Ce stand a eu l’idée d’organiser un petit jeu pendant la queue pour gagner des bons de réduction. Cette dernière n’a pas paru moins longue pour autant, mais saluons l’initiative.


À l’origine j’avais prévu d’accompagner mes brochettes d’un hotteok, ou d’autres plats… Mais la faim, le monde et la panique m’ont forcée à me jeter sur des stands plus rapides et à engloutir mes brochettes dans un coin de stand faute de places assises.
C’est ainsi que j’ai découvert les jacket potatoes et le dongchimi. Ni l’un ni l’autre ne m’ont ravi, mais je les ai fait passer avec un verre de makgeolli offert en dégustation par une brasserie locale (ATO).



Parenthèse : Honnêtement, tout le monde parle de SOJU, mais à mes yeux le makgeolli est bien meilleur, savoureux, pétillant, réconfortant… J’ai voulu emporter quelques bouteilles mais comme ce sont des alcools fermentés, il est recommandé de les transporter dans un contenant réfrigéré… autant vous dire que le bus n’était pas une option… J’hésite à retourner à Londres uniquement pour ces makgeolli. J’aime l’idée de boire quelque chose de produit localement, les makgeolli du Ace Mart sont moins bons…
Après toute cette agitation, je me suis réfugiée dans la partie K-Culture. J’avais échangé avec Ji-Eun, l’organisatrice de l’atelier de minwha, et j’avais hâte de la rencontrer. Elle est adorable.
Sur son stand, on choisit un motif, on apprend à lui donner vie sur feuille de bambou, à le reproduire, à jouer avec les couleurs, à les mélanger, à laisser sécher. Tout ça dans le calme. J’ai passé un super moment.


Parenthèse : “Minwha” est un terme qui désigne la peinture folklorique coréenne. La plupart des œuvres ont été créées par des artistes anonymes (des gens du peuple) et étaient utilisées à des fins décoratives, offertes à des occasions particulières ou pour transmettre des leçons de morale.
Source : https://editionsdupleix.com/2025/07/04/les-expositions/
En attendant le séchage, j’ai fait un tour sur les autres stands : calligraphie traditionnelle, essayage de hanbok, norangae moderne, et une grande fresque aux motifs danchong (les motifs des temples coréens) à colorier collectivement : La photo finale devrait nous être envoyée par mail.



Après 5 heures de festival, je suis rentrée à l’auberge lessivée, mais avec une stratégie pour le lendemain.
Deuxième jour – samedi
J’avais une stratégie. Arriver en avance, aller directement au stand de hotteok, puis odeng et yakwa.
Malheureusement, un mauvais positionnement aux barrières à l’ouverture m’a encore une fois laissée submergée par la foule de visiteurs. J’ai quand même réussi à attraper des yakwa (sold-out la veille) mais la queue du hotteok était encore plus longue que le jour d’avant.
Par contre, ces hotteok valaient vraiment le coup. Le kimchi bulgogi : un régal. Le Nutella : une tuerie. J’ai eu les odeng aussi, mais le ventre déjà bien rempli et près de 3 heures de queue cumulées, je n’avais plus qu’une envie : me poser quelque part au calme.




Mon verdict
Deux jours satisfaisants. Les plats proposés étaient effectivement différents de ce qu’on voit d’habitude, les activités artistiques étaient chouettes et reposantes.
CE QUI POURRAIT ÊTRE AMÉLIORÉ
Le festival n’avait clairement pas anticipé son propre succès. Les toilettes obligeaient à sortir du festival, impossible de rentrer ensuite avec des queues parfois de 3 heures à l’entrée. Beaucoup de stands ont été sold-out bien avant la fin. Peu de places assises pour manger. Et les attentes étaient vraiment longues.
C’était la première édition, et ça se sentait.
Est-ce que j’y retournerais si j’en ai l’occasion ? Absolument, mais avec un tote bag et des Tupperware et des amis pour se démultiplier dans les queues.
À ce sujet, j’ai quelques conseils pour vous.
5 conseils pour profiter d’un festival food en solo
Ma plus grosse difficulté était d’être seule et de ne pas pouvoir me démultiplier pour la queue. Si vous êtes dans la même situation, voilà ce que je vous conseille.
Choisissez vos stands en avance. Repérez les exposants sur les réseaux, ou sur le site du festival, faites votre liste par ordre de priorité. Avec les queues multiples, on ne peut pas tout faire… autant savoir où aller en premier.
Arrivez tôt. Plus on avance dans la journée, plus il y a de monde et plus les queues s’allongent. En solo, chaque minute compte.
Amenez un tote bag (et des tupperware). Quand on est seule, il faut pouvoir porter sa nourriture à bout de bras pour faire la queue ailleurs. Ajoutez quelques essuie-tout et sacs plastiques pour les aliments gras.
Osez demander aux gens de garder votre place. J’avais peur de le faire, mais j’ai demandé à la communauté en ligne et les gens acceptent si vous expliquez que vous voulez juste attraper quelque chose à un stand rapide.
Prévoyez de l’eau. Entre les grillades, le soleil et la foule, j’ai été surprise qu’il n’y ait pas de stand d’eau. C’est indispensable.
Et vous, vous avez déjà participé à un festival en solo ? Quels sont vos conseils ?
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