Mon Chéri Coréen : fétichisation ou romance ? La vraie question n'est pas celle que vous croyez
Mon Chéri Coréen Netflix : fétichisation, red flags et ce que l'émission ne questionne jamais
J’allais ne pas regarder. Vraiment. Le titre “Mon Chéri Coréen” sentait le fantasme mal emballé à des kilomètres. Cinq femmes brésiliennes qui traversent la planète pour rencontrer leur petit ami coréen... J’avais déjà le bûcher prêt (pour le scénario j’entends :p)
Et puis j’ai regardé. Trois épisodes. Avant de décrocher non pas à cause de la fétichisation, mais pour une raison autrement plus dérangeante.
On y reviendra.
Fétichisation ? Posons les bases.
La fétichisation, pour être précise, ce n’est pas simplement “trouver les coréens attirants.” C’est quand la nationalité prend le dessus sur tout le reste. Je ne l’aime pas pour ce qu’il est je l’aime parce qu’il est coréen. Et que cette caractéristique efface toutes les autres.
Les dramas ont donné envie à des milliers de personnes d’apprendre le coréen, de s’intéresser à la culture, à la cuisine, à l’histoire. Mais ils ont aussi créé une image très précise de ce que devrait être un homme coréen : grand, pâle, svelte, romantique, attentionné, qui veut porter des habits de couple et vous emmène faire du shopping. Et certaines sont parties chercher exactement ça à Hongdae, à Bukchon Hanok Village, dans les cafés instagrammables de Séoul et sont revenues le coeur brisé… Ou mariées. Selon leur chance.
Mon Chéri Coréen surfe sur ces fantasmes. Les hommes que les candidates viennent rejoindre sont grands, pâles, sveltes. Les sorties de couples ? Shopping avec t-shirt de couple, les hommes sont timides et n’osent pas initier le contact physique…La première activité des filles ? Un karaoké où elles chantent Gangnam Style.
Bref une application à la lettre du manuel “séduire une étrangère fan de k-drama pour les nuls”… si ce manuel existait.
Alors est-ce qu’on parle vraiment de fétichisation ?
Je dirais 50-50. Et voici trois questions à utiliser pour vous situer :
Vous ne le trouveriez pas à votre goût s’il n’était pas coréen
Il a des défauts que vous ne tolèreriez pas s’il n’était pas coréen
Vous ne pouvez pas expliquer ce que vous aimez chez lui au-delà de ses origines
Pour certaines participantes, la réponse est clairement oui. Pour d’autres, c’est moins évident. Certaines participantes semblent sincèrement attachées à leur partenaire en tant que personne elles posent de vraies questions sur leur compatibilité, leurs différences culturelles, leur avenir concret. La nationalité n’est pas forcément le seul moteur.
Ce qui m’a vraiment posé problème
Le débat sur la fétichisation, aussi légitime soit-il, n’est pas ce qui m’a fait décrocher.
L’émission ne pose pas problème parce qu’elle montre des femmes attirées par des hommes coréens. Elle pose problème parce qu’elle romantise des situations qui, dans n’importe quel autre contexte, feraient sonner toutes les alarmes.
Première situation.
Une femme traverse l’océan pour rencontrer un homme qu’elle connaît depuis deux mois et dont elle ne parle pas la langue. Jusque la rien de mal. Par contre, l’homme en question a : des problèmes d’addiction aux jeux et lui a emprunté de l’argent qu’il n’a jamais rendu…
Quand finit par lui annoncer qu’elle veut rompre. Il accepte. Et là, elle lui court après en lui demandant pourquoi il ne fait pas d’effort.
L’émission nous présente ça comme une romance compliquée alors que cette relation n’a rien de sain et pourrait même être dangereuse si elle avait lieu loin des caméras.
Deuxième situation.
Une autre participante arrive à l’aéroport. Son petit ami lui avait promis de venir la chercher. Il n’est pas là. Il ne répond pas aux messages. Des heures plus tard, il réapparaît et enchaîne immédiatement sur le programme complet du couple coréen idéal. Sorties romantiques, attentions, déclarations. Love bombing classique.
Ce qui me dérange, ce n’est pas que ces femmes aient fait des choix discutables. On en fait toutes. Ce qui me dérange, c’est que l’émission utilise les codes du K-drama pour rendre acceptables des comportements qui ne le sont pas.
Ce mon chéri coréen aurait pu être
L’angle des relations à distance et interculturelles était là, intéressant.
Suivre des couples déjà établis depuis plusieurs années, montrer comment ils négocient leurs différences au quotidien, donner la parole aux hommes coréens sur leur propre expérience de ces relations ça, ça aurait eu de la valeur.
Choisir des profils moins stéréotypés aussi. Montrer que les coréens ne ressemblent pas tous à la même silhouette pâle et svelte sortie d’un drama des années 2010. Rappeler que tomber amoureux d’une culture ne signifie pas que n’importe quel représentant de cette culture vous correspond.
Le verdict
J’ai arrêté après le troisième épisode. Pas par principe. Juste parce que regarder certaines de ces situations était inconfortable et pas de la bonne façon.
Le K-drama nous a donné une idée très enjolivée de la romance coréenne : le grand écart émotionnel, le partenaire distant, parfois méprisant qui s’adoucie pour celle qu’il aime, la relation qui surmonte tous les obstacles parce que les sentiments sont plus forts que tout. C’est beau dans la fiction. Dans la vraie vie, certaines actions ressemble souvent à de la manipulation ou de la négligence.
Est-ce que c’est de la fétichisation ? En partie.
Est-ce que c’est de la romance ? En partie aussi (pour certains couples)
Est-ce que c’est du bon divertissement ? Non. Pas pour moi en tout cas.
Et vous ? Vous en avez pensé quoi ?
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