K-Notes #6 : Deux films qui m'ont marqué, un drama qui m'a frustré, une télé-réalité qui m'a eue
Black Knight Netflix, Lost in Starlight, Single's Inferno 5 : mes coups de cœur et déceptions du moment
Après quelques mois d’absence, la série K-Notes revient avec toujours au programme des artistes à découvrir, des recommandations musicales, des films, dramas ou télé-réalités, et des anecdotes à raconter.
Pour cette première édition de l’année, focus sur deux films (Lost in Starlight et Aucun autre choix), un drama (Black Knight), une télé-réalité (Single’s Inferno saison 5)…et beaucoup d'opinions.
Mais trêve de bavardage, passons aux recommandations.
Black knight : Un potentiel gâché
Genre : Action - Dystopique | 6 Épisodes | Netflix
Dans une Corée dystopique où l’oxygène est devenu une denrée rare, la société est coupée en deux : ceux qui ont les moyens de survivre, et les réfugiés relégués dans des districts où l’air les rend malades. Pour s’en sortir, certains deviennent transporteurs livreurs d’oxygène et de nourriture, avec les privilèges qui vont avec.
C’est le cas de 5-8 (odashipal), qui détourne ces avantages pour distribuer secrètement de l’oxygène aux plus démunis. Ses compétences au combat lui valent le respect de tous, dont celui de Yoon Sa-wol, jeune réfugié qui rêve de suivre ses traces.
Avis :
Les trois premiers épisodes sont prometteurs. Les scènes d’action s’enchaînent, les cliffhangers font leur effet, et l’univers joue habilement sur des résonances familières : QR codes tatoués sur la peau, alertes qualité de l’air, système de castes bien huilé. De quoi donner envie de continuer.
Mais dès le 4ème épisode, l’enthousiasme laisse place à un sentiment de gâchis. Il ne reste plus que deux épisodes et il paraît tout simplement impossible d’offrir aux personnages le traitement qu’ils méritent.
Le drama se contente de livrer des scènes d’action pour le spectacle, et le manque de nuance finit par peser. Le méchant est méchant parce qu’il déteste les pauvres. Le gentil est gentil parce que c’est le gentil. Quant à l’évolution de Sa-wol censé être au cœur du scénario elle est inexistante. Il n’est finalement que la groupie de 5-8, embarqué dans la cause parce que 5-8 est, évidemment, du bon côté de la morale.
Résultat : une narration binaire qui rend le tout prédictible, et ennuyeux.
Le plus frustrant dans tous ça c’est le manque d’exploitation du Ryu-Seok : le “Vilain”. Son questionnement de départ est pourtant légitime : dans un monde aux ressources limitées, doit-on sauver tout le monde, ou sacrifier une partie pour que l’autre survive ? C’est une vraie question morale. Pourtant elle est complètement évacuée au profit de son simple mépris des pauvres.
J’aurais adoré qu’on en fasse un Man-Su (aucun autre choix) ou une Clarke (The 100) ces personnages qui commettent des atrocités, mais qu’on n’arrive pas à détester, parce que leurs choix suivent une logique qui a du sens, même quand elle est terrible.
Dans The 100, il y a cette réplique de Clarke au moment où elle choisit d’éliminer 300 personnes pour sauver les siens : “I bare it so they don’t have to.” (J’endure ça pour qu’ils n’aient pas à le faire à ma place) C’est horrible, c’est beau, c’est profond.
C’est exactement ce qui a manqué à Black Knight.
Les points forts quand même : Kim Woo-bin. Le rôle a visiblement été écrit pour lui sa carrure, sa voix, les ralentis... Il est magnifique. Le drama est visuellement soigné, les scènes de combat bien exécutées, et l’univers reste crédible du début à la fin.
Verdict :
Vous cherchez un divertissement sans prise de tête avec de l’action et Kim Woo-bin ? Vous passerez un bon moment. Vous espériez une réflexion sociale, un univers riche, des personnages avec de la profondeur ? Passez votre chemin..
Lost in Starlight : Mes premières larmes en 2026 et une OST parfaite
Genre : Film d'animation | Disponible sur Netflix
Je ne vais pas vous faire une critique de Lost in Starlight. Juste vous dire que j’ai pleuré, que la soundtrack m’a hantée pendant plusieurs jours, et que vous devriez le regarder.
L’histoire est belle et simple : Joo Na-young rêve d'être sélectionnée pour la prochaine mission en direction de Mars. C'est à Séoul, dans cette quête, qu'elle croise Jay qui a abandonné ces rêves de devenir chanteur.
Ce film c'est l'histoire de deux âmes qui se trouvent sur Terre et continuent de s'aimer par-delà l'espace. Une femme qui avait mis l'amour au second plan de sa vie et se retrouve embarquée dans une magnifique romance. Un homme qui avait abandonné ses rêves, et à qui l'amour redonne des ailes.
Mais ce qui m'a vraiment transportée, c'est la musique. Jazz, lo-fi, onirique l'OST crée une atmosphère à part, celle de ces moments suspendus où l'esprit s'évade sans prévenir. Purple Stereo pour les matins de retour de soirée où le soleil commence à se lever. Heart to Heart pour les longues balades en voiture sans destination. Bon Voyage et Life Goes On pour tout le reste les au-revoir, les recommencements, les choses qu'on ne dit pas mais qu'on ressent.
Bon voyage
넌 나의 모든 날
세상에 맞선
너의 어깨를 위로하고
빛은 어둠을 달래 거두니까
난 너를 따라
이 터널 끝을 걷고있어
Tu es mon quotidien
Face au reste du monde
Repose tes épaules
Car la lumière adoucit l’obscurité
Je te suis
Et j’avance au bout de ce tunnel
Les visuels eux nous transportent dans une Corée du futur qu’on a envie d’explorer ; lumineuse, technologique, mais familière.
En le regardant, j’ai pensé à une chanson d’Orelsan : “après avoir fait le tour du monde, tout ce qu’on veut c’est être à la maison.” C’est exactement ce que ce film dit. On part parfois tellement loin chercher le bonheur, alors qu’il est là, en face de nous.
À regarder absolument. Si vous avez aimé Your Name, vous aimerez Lost in Starlight. Prévoyez des mouchoirs et une playlist à créer juste après.
Bon visionnage !
Aucun autre choix : Première séance cinéma de 2026 réussie
“Aucun autre choix” de Park Chan-Wook. C’est ma première séance de cinéma de l’année.
Le film nous raconte l’histoire de Man-Su qui, après 25 ans de loyauté et de travail acharné dans la même usine, se retrouve renvoyé du jour au lendemain. Parce que, je cite : “il n’y avait pas d’autre choix.”
D’abord confiant dans sa capacité à rebondir, on le regarde peu à peu perdre pied. Ses certitudes s’effondrent, sa vie s’effrite, et ses décisions deviennent de plus en plus extrêmes. Guidées par ce mantra 어쩔수가없다 (aucun autre choix).
Ce qui trouble dans ce film, c’est la logique implacable derrière chacune de ses actions. Parce que Man-Su n’est pas un monstre. Loin de là. C’est un père aimant, un mari attentionné, qui fait ce qu’il pense nécessaire à sa survie et à celle de sa famille.
Il regarde ses victimes avec empathie. Il les comprend. Il a même de la tendresse pour elles. Pourtant il choisit quand même de s’en débarrasser parce que…Dans un monde où le travail, la loyauté et la stabilité ne valent plus grand chose que lui reste-t-il ? Il n’a pas d’autre choix.
Quelque part pendant le film, on se surprend à espérer qu’il réussisse. Non pas parce qu’on valide ces crimes, mais parce que chacun d’entre nous, à sa manière, peut raisonner avec sa situation et comprendre ce qui l’a amené à prendre ces décisions.
Dans ce film, pas de retournement de situation spectaculaire, pas de claque émotionnelle comme Old Boy ou Mademoiselle. Seulement, une sorte de malaise à regarder une situation qui ressemble à un futur trop réaliste. Jusqu’où serions-nous prêt à aller pour nous assurer à nous et à nos proches une place au soleil ?
Le casting est parfait et nous montre l’étendue du talent d’acteurs déjà très connus de la K-drama sphère. Lee Byung-hun en père de famille désespéré, Son Ye-Jin en femme aimante et solidaire de son mari, Lee Seung-Min , Cha Seung-Won, Park Hee-Son et Yeom Hye-ran qui nous dépeignent les futurs alternatifs de Man-Su
Verdict :
Ce film est à voir sur grand écran, pour permettre d’être complètement embarqué dans l’histoire, le soin tout particulier apporté au visuel, les gros plans ..etc seraient perdus sur un petit écran.
Il est actuellement en salle, profitez-en.
Single’s Inferno 5 : une saison réussie malgré un concept qui s’essouffle
J’avais juré que cette saison serait la dernière. Me voilà à espérer une saison 6. Je me déteste un peu, mais je suis une amoureuse de l’amour.
Enfin un casting qui ressemble à quelque chose
La vraie nouveauté cette année, c’est la diversité des profils. Pas question de chirurgie esthétique ils sont visiblement tous passés sous le bistouri ou dans l’usine à facettes. Je parle des métiers. J’en avais assez du duo mannequin/chirurgien, comme si être beau impliquait forcément l’un ou l’autre. Cette année : un opticien, une étudiante en systèmes d’information, une artiste en résine, un entraîneur de handball, une athlète. Quelques clichés persistent un trader, un futur acteur… mais dans l’ensemble les personnalités semblent plus réalistes.
Les candidats avaient l’air un tantinet plus sincères que d’habitude, et on a pu suivre quatre romances bien après le tournage grâce au spin-off la vraie bonne idée de cette saison. Voir Hee-Sun et Su-bin se roucouler six mois plus tard, ou Joo-young et Jae-jin déjà installés dans ce confort tranquille des couples qui ont dépassé la lune de miel... c’est exactement ce qu’on vient chercher.
Mes favoris : Min-jee, pour son naturel et son franc-parler. I-Geon pour son charisme. Jae-Jin pour son humour décalé. Et Mina Sue... pendant exactement deux épisodes, avant que son indécision ne devienne pathologique. Le spin-off nous aura au moins offert le plaisir de la regarder s’enfoncer dans son fauteuil face à ses propres moments gênants. Merci à elle d’avoir sacrifié sa dignité pour nos rebondissements.
Un concept qui s’essouffle
Les candidats ont tous l’air de s’ennuyer et de crever de chaud. Si j’espère qu’en dehors des caméras les conversations vont plus loin que le fameux 이상형이 뭐예요 ? (Quel est ton genre de fille/garçon) , ce qu’on nous montre reste assez creux. Pourquoi ne pas parler de leurs passions, ajouter des épreuves surprises au Paradis, ou donner plus de liberté aux MC dont la langue de bois finit par lasser ?
Heureusement il reste les regards expressifs de Hong Jin-kyung, qui semble quelque peu désabusée par certaines situations (l’indécision de Mina Sue et le manque de transparence de Go-Eun)
Verdict
Une saison honnête, portée par de vraies personnalités et un spin-off qui donne enfin du sens à l’investissement émotionnel du visionnage. Mais si la saison 6 ne repense pas le format en profondeur, ce sera ma dernière. Pour de vrai, cette fois.
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